RETOUR SUR LA PORNICHET SELECT 2024 : UNE VICTOIRE 10 ANS APRÈS

Au départ de la course, j’ai hissé mon spi XELIANS et entamé ma route directe, véritablement lançant ma course dès la sortie de la baie de la Baule. Une fois bien réglé pour voler, j’ai filé à toute allure vers la baie de Quiberon, dans une ambiance électrisante avec les autres bateaux autour.

Les multiples empannages pour contourner le plateau du Four ont été suivis d’une tactique serrée pour naviguer entre les îles de Hoedic et Houat. Malgré un léger écart à la bouée de la Chimère, j’ai conservé une avance serrée sur mes concurrents, enroulant juste devant eux.

Le passage des Sœurs, étroit et rocailleux entre Hoat et Hoedic, a marqué notre sortie de la baie de Quiberon. Ensuite, cap sur le beau temps, où j’ai su tirer parti du vent et accroître mon avance de manière significative pour le reste de la course.

La tactique a dominé le début de la course, devenant technique par la suite. Après l’île d’Yeu, le vent s’est renforcé, mettant à l’épreuve nos limites sans endommager le bateau. Malgré les secousses, j’ai dû ralentir pour préserver l’intégrité du Nicomatic.

La nuit était magique, illuminée par le plancton phosphorescent et les milliers de poissons qui accompagnaient le bateau, donnant l’impression de voler sur une mer de lumière. Parmi les nuages, quelques étoiles et des dauphins ont ajouté un peu de magie.

Sur le chemin du retour, un changement météorologique m’a pris de court à la bouée. Après avoir affalé mon gennaker en prévision du vent fort, la fatigue a rendu le moment compliqué au milieu de la nuit, retardant le réarmement de la voile.

L’arrivée, a été un peu frustrante. J’avais la sensation de faire du surplace. À 17 nœuds pour 17 miles, puis soudain à 10 nœuds pour 10 miles. C’était comme si le temps s’étirait, et plus je me rapprochais, plus ça tardait.

J’ai gardé mon calme. À 2 miles de l’arrivée, ma vitesse n’était que de 2 nœuds.

J’ai du m’armer de patience, j’ai persévéré.

J’ai fini par arriver en tête de cette fameuse course. Une sacrée sensation, ça représentait beaucoup pour moi. Une victoire réalisée à bord d’un magnifique bateau doté d’un potentiel prometteur.

PLASTIMO LORIENT MINI 2024

La météo annonçant un vent fort dans la nuit de jeudi à vendredi, le parcours de 250 milles de la Plastimo Lorient Mini a été coupé en deux manches de 60 milles.

La première manche était un aller-retour à la cardinale des Galères à Belle-Île. Avec du vent fort et un parcours traversant au vent, nous étions dans des conditions favorables pour notre bateau. Nous avons donc opté pour une stratégie de précaution : l’idée était de ne pas casser le bateau ou de ne pas se blesser, surtout que c’était notre première vraie sortie depuis l’arrivée de la Mini Transat et ce sans électronique qui n’est pas encore entièrement installée. Objectif réussi : nous avons franchi la ligne d’arrivée en 4 heures, 30 minutes et 57 secondes, 34 minutes avant le 2ème. Malgré quelques défis techniques liés à l’électronique, nous avons su nous adapter avec efficacité.

La deuxième manche s’est déroulée dans des conditions météorologiques moins faciles avec un vent moins fort mais très instable et un parcours VMG qui ne nous était pas favorable, exigeant un travail minutieux au près comme au portant.

Nous avons rencontré une forte concurrence de la part de l’équipe DMG Mori, représentée par Alexandre Demange et Laure Galley, qui ont démontré un niveau de compétence élevé. Après un beau match, nous avons terminé cette manche à la 2ème position, dont nous sommes très fiers car l’année dernière nous aurions eu beaucoup plus de difficultés dans ces conditions. Le travail acharné et l’apprentissage ont bien payé, c’est très agréable de voir cette belle progression en 2 ans !

Nous sommes donc très heureux de finir vainqueurs au général !

Ces premières rencontres ont jeté les bases d’une saison prometteuse pour Nicomatic. Nous sommes impatients de relever de nouveaux défis et de poursuivre notre progression tout au long de cette saison.

La Mini Transat : 10 ans après, une aventure renouvelée avec le 1067 ! 

Il y a 10 ans, je réalisais le rêve de toute une vie en participant à la Mini Transat et en remportant la course à bord du 667. Aujourd’hui, cette incroyable aventure Mini continue avec une nouvelle énergie, portée par la passion et la détermination de Caroline, qui a récemment pris le départ sur le 1067 – une référence directe à mon fier bateau d’il y a dix ans !

Ma rencontre avec Caro s’est faite dans l’univers du Moth . À seulement 25 ans, cette jeune femme franco-polonaise, dotée d’un parcours universitaire et scientifique exceptionnel, incarne l’ambition et la détermination. Lorsqu’elle m’a approché pour m’inviter à rejoindre son projet Mini et concevoir le bateau de mes rêves, j’ai immédiatement accepté.

Avec le soutien précieux de notre partenaire, Nicomatic, nous avons opté pour l’architecte Sam Manuard. Mon idée claire était de créer un foiler sans compromis, et la vision partagée avec Sam a rendu ce choix évident.

Caroline s’est élancée sur la Mini Transat à bord du 1067. C’était l’objectif que nous avions fixé il y a deux ans – un défi presque impossible en termes de timing et de complexité technique. Être au départ avec un bateau de ce niveau de performance, préparation et fiabilité représente une petite prouesse que nous avons réalisée grâce à la fidélité et à la détermination de toute l’équipe.

Ce projet incarne la symbiose de nos compétences et de nos passions, donnant naissance à quelque chose d’extraordinaire. C’est le résultat d’un travail d’équipe rendu possible par la confiance et le soutien de nos partenaires, bénévoles, familles et amis. Un merci particulier à Sam Manuard, à Killian Goldbach et à Malric Leborgne, des acteurs indispensables qui ont contribué à transformer les défis techniques en solutions.

L’objectif maintenant est de continuer à développer et à exploiter pleinement le potentiel du 1067 au cours des deux prochaines saisons. Nous poursuivrons en double pour mener à bien ce super projet, avec l’espoir de participer à la prochaine Mini Transat. Cela aurait du sens, et l’envie est bien présente !

En conclusion, un immense merci à tous ceux qui ont cru en nous et qui ont investi leur sueur, leur énergie et leur amour dans ce projet. C’est ensemble que nous avons rendu l’impossible possible, et cette aventure extraordinaire ne fait que commencer !

Une semaine au Mini Fastnet avec Caroline Boule

Naviguer au gré des vents capricieux, c’est ce à quoi nous avons été confrontés lors du Mini Fastnet de cette année, une expérience partagée avec Caroline Boule. Une semaine empreinte d’émotions intenses, de découvertes inattendues et de rires partagés… Et de surtout, beaucoup de pétole !

Une semaine de navigation où le vent se fait rare, un véritable cauchemar pour notre bateau. Nous nous sommes retrouvés pris au piège dans un état de calme plat, le point faible de notre voilier, pendant sept jours ! Cependant, comme le dit le dicton, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Nous avons saisi cette opportunité pour ajuster chaque paramètre, tester chaque voile, et perfectionner notre navigation.

Malgré ces succès, des défis ont jalonné notre parcours – une collision avec un autre bateau dès le premier jour ! Résultat : un trou dans la coque et un foil légèrement endommagé. Pas de panique, la boîte à outils est sortie et hop, réparation en pleine mer. Malgré tout, nous avons poursuivi notre route, exploitant au mieux notre instinct et notre expérience. Une leçon de résilience en direct, une expérience qui a été précieuse pour Caroline avant de partir fin septembre sur la Mini Transat.

Et comme pour ajouter un peu plus de piquant à l’aventure, une panne d’énergie totale à bord. Plus aucune électricité dans les batteries le 5e jour ! Pas de GPS, pas d’AIS, rien. Nous avons navigué à l’instinct et à la lumière des étoiles pendant deux nuits. Une véritable immersion dans la nature… Mais ps ce qui se fait de mieux pour naviguer vite !

Ces défis ont été adoucis par les moments magnifiques que nous avons vécus, bercés par la compagnie joueuse des dauphins et éblouis par des couchers de soleil spectaculaires, notamment au phare du Fastnet. Un cadeau de la nature, une compensation bienvenue face aux frustrations de l’absence de vent.

Et pour couronner le tout, ps de musique pour adoucir l’attente : notre lecteur MP3 avait été oublié ! Résultat : sept longs jours sans musique. Une leçon apprise, et je promets d’ajouter « Vérifier le MP3 » en tête de notre liste de vérifications avant chaque départ.

Caroline s’est révélée être une coéquipière extraordinaire tout au long du voyage, montrant des progrès considérables et gagnant en confiance à chaque vague et chaque défi. Rien de plus gratifiant que de voir son partenaire de voile grandir avec chaque expérience en mer.

C’est ainsi que se termine notre aventure au Mini à la 7e place des prototypes.

À Bord de l’AC9F Tixwave : Retour sur le Lac Léman

En juin dernier, j’ai eu la chance de participer à la 58ème édition de la Genève-Rolle-Genève à bord de l’AC9F Tixwave, un voilier véritablement exceptionnel. Ce bateau, initialement destiné à être l’étendard d’une génération de jeunes marins lors de la Youth America’s Cup 2020 en Nouvelle Zélande, a failli tomber dans l’oubli avant de renaitre prêt à défier les eaux calmes du Lac Léman.

L’AC9F Tixwave, un foiler de neuf mètres de long, se démarque par sa robustesse et sa maniabilité exceptionnelle, avec son mât imposant de quinze mètres et de deux immenses foils en V. C’est un véritable plaisir de navigation qui requiert seulement quatre personnes pour être manœuvré, offrant ainsi une expérience unique.

Le coup d’envoi de la course a été donné le samedi 3 juin, une après-midi ensoleillé, en compagnie de 210 autres concurrents. Malgré un départ avec un vent léger favorisant les bateaux plus grands et toilés, le spectacle grandiose du ballet lémanique a su captiver les spectateurs présents sur les rives du Lac Léman.

Naviguant sur les eaux calmes du lac, nous avons tricoté au près avec des vents variables, des petits souffles d’airs venus de nulle part qui finalement nous nous amené vers la bouée de Rolle, au milieu d’une flotte compacte empétolée devant la rive.

Nous avons finalement pu voler sur une toute petite portion du retour, entre deux systèmes de vent, puis au près lors du retour. Malheureusement, le vent ne nous a pas toujours été favorable, nous laissant piégés au milieu du lac. Le retour vers Genève s’est transformé en une lutte contre des vents capricieux, évoquant des souvenirs de mes premiers entraînements en optimist. Et comme d’habitude sur les Tixwave l’atmosphère à bord était exceptionnelle, aux côtés d’une équipe déterminée, avec une mention spéciale à mon ami Bernard Vananty.

 Le vent nous à quand même abandonné à plusieurs reprises, mais le vol de nuit sous les feux d’artifice lors du retour a Nyon restera comme un super bon moment.

C’est finalement a la 76ème place sur 211 participants que nous coupons la ligne d’arrivée au coucher du soleil pour notre première course sur l’AC9F Tixwave, seulement la quatrième sortie de l’équipage sur ce bateau ! Le bateau a du potentiel à developper !

L’objectif de l’AC9F Tixwave demeure le même : battre des records sur le Lac Léman. L’équipage est plus motivé que jamais pour relever ce défi, et j’espère avoir l’opportunité de participer à ces futures tentatives !